Il y a un côté très 1900, très Deauville, très patriotique aussi, sans parler de l’effet Lolita dans ma tenue. C’est vrai que j’aurais pu me la jouer beaucoup plus catalane dans ma ville natale en arborant les couleurs sang et or. Mais un jour j’ai retrouvé ces vieilles cartes postales de Perpignan datant du début du XXème siècle, et j’ai toujours fantasmé sur ce à quoi pouvait ressembler ma ville plusieurs décades en arrière. Mon père me racontait qu’il prenait le tramway pour se rendre sur la côte le dimanche dans les années 40 et 50. J’aurais aimé connaître cette période! Inconsciemment, je dois avoir très envie de recréer cette atmosphère début et milieu du 20ème, les femmes vêtues de robes cintrées à la taille, évasées en bas, pour aller cueillir les premiers embruns, doucement caressées par les rayons puissants du soleil radoucis par le marin ou par une tramontane naissante (généralement peu douce et clémente! le vent est un dieu dans le sud, et il souffle sans retenue aucune!)
Pour ce look, j’ai choisi un style très gothique, aux tendances victoriennes. C’est vrai que je ne suis pas sortie de la bichromie mais je trouve que pour un style gothique/chic, ça fonctionne bien. Je pense qu’une de mes couleurs préférées est le bordeaux. Le velours bordeaux est si intense! Marié à la dentelle noire, je suis au paradis.

A propos de la couleur bordeaux, c’est assez dingue comme cette teinte me renvoie invariablement à mes racines. Qu’il s’agisse de mon nom (homonymie), de mes affinités avec la ville, ou encore de son synonyme « grenat », qui est une pierre que l’on trouve dans le sud de la France. C’est aussi la couleur que l’on retrouve dans énormément de musées pour que les cadres dorés soient bien saillants. C’est la couleur de mes vins préférés, un mélange de feu et de sang, une couleur qui renvoie au dieu de la guerre, à une forme de masculinité et évidemment à la tentation, au pêché originel. Enfin le velours rouge me renvoie évidemment à la théâtralité, à l’univers de Lynch et à une frontière si poreuse entre réalité et fiction, rêve et réalité.

Je porte une robe River Island en dentelles noires, des collants à pois et des chaussettes en lurex bordeaux de chez Calzedonia, des derbies bi-matière vernis/daim Poti Pati, et une veste New Yorker sans oublier la pochette Menbur, et la montre en maille milanaise Pierre Lannier.
Aujourd’hui, je travaille sur trois couleurs principales pour le look : noir, aubergine et nude mais c’est vraiment sur le haut que je souhaite attirer l’attention car les bijoux dans leurs teintes opale, or rose, ou translucide s’accordent bien avec les tons nudes que j’ai adoptés pour le haut à dentelles.

J’adore le fini de ce top que je trouve absolument divin. Délicatement ajouré, il est absolument transparent et révélant… Il est essentiel de porter du nude en-dessous pour ne pas gâcher la vue de la dentelle!

Question bijoux, j’ai sorti toutes mes jolies pierres, (malheureusement fake, mais belles) et des boucles d’oreilles créées par ma copine Natacha! Allez visiter sa magnifique boutique « My Treasure Chest » au style victoriano-féerique. C’est divin! Ici c’est un exemplaire de style art nouveau de couleur bronze que j’adore tout simplement.

Niveau accessoires dans la pochette à paillettes : blotting papers, savon liquide à paillettes, et pansements mignons. Pourquoi des pansements? Petit clin d’oeil à mon chat qui aime se défouler sur mes mains (d’où les potentielles griffures sur les photos!)

J’ai toujours vénéré le velours (je commence à être redondante^^) que j’associe à la théâtralité et à la magie. Quand je pense au velours violet, je visualise toujours une sorcière drapée dans un velours violet profond. Pour moi le violet est associé au mysticisme, au mystère, à la féminité, à l’étrange et à une séduction subtile, à la maturité de la femme. Accompagné du nude qui rappelle une forme de légèreté, d’éthéréalité, d’élégance, je suis ramenée à mes perceptions d’enfance : gamine, je voulais devenir une fée classe / une écrivaine-magicienne. Et je trouve que ces couleurs et les bijoux évoquent un peu ces concepts.
1927.
La fête bat son plein, tous les invités sont dans le living-room en train de danser, de rire et d’échanger des regards plein d’étincelles. Le champagne coule à flot et le gramophone hurle « Let’s misbehave » de Cole Porter. Le manoir d’en face n’attend que moi! Du pêche sur les paupières et sur les joues, des lèvres grenat, un trait d’eyeliner, un turban pour domestiquer les cheveux en bataille (il est 18h du matin, je me réveille tout juste, je suis un oiseau de nuit!). Des talons vernis, du rouge sur les ongles, j’ai presque fini… Ah oui, ma robe! Je me pare de quelques étoffes veloutées légèrement osées (OMG on ne voit que mes jambes!) et saisis la bouteille d’un sirupeux alcool italien aromatisé à la rose… J’arrive!
En tenue de base : du gris assorti de dentelles noires, et du gris assorti de coeurs noirs! Un collant couture fin et des bottines montantes à talon. Enfin, la pièce-maîtresse, la final touch sans qui cette tenue –let’s get real here– serait affligeante de fadasserie : le bomber en satin rose! Je suis depuis peu dingotte de cette petite veste à la coupe sport, et quand je vois les déclinaisons de couleurs, de matières et d’imprimés que les derniers bombers présentent en boutiques, j’ai envie de tous les posséder (et de m’en gargariser fièrement en froissant la douce étoffe entre mes doigts!).

Niveau accessoires : le petit bracelet jonc so chic de DailyaboutClo en or rosé et quartz rose pour matcher avec le bomber, et puis une bague dans les tons or et opale.
Aujourd’hui c’est un look pop et pétillant que j’arbore. J’ai voulu mixer deux teintes proches : du rose et du rouge en essayant de ne pas trop me la jouer binaire non plus (accessoires dorés, cuivrés et bleus). J’ai ressuscité une vieille robe achetée il y a de nombreuses années à H&M sur laquelle j’avais totalement craquée pour sa couleur et son motif original. J’ai de même chaussé mes escarpins rouges chéris avec lesquels je peux marcher plusieurs kilomètres dans la ville! (je me la pète carrément et je m’en ballek)
Pour en revenir aux accessoires, car après tout, “le superflu, [cette] chose si nécessaire”, m’est absolument vital pour raconter mes histoires, les bijoux sont comme la ponctuation qui découpe ce récit que je déploie sous vos yeux, le pare, le structure, l’appuie et le met en valeur, ou parfois brille par sa seule présence. Je porte ici des bracelets en bois peints ; je les trouve totalement canon, à l’image des reflets changeants de la grande bleue. Il fallait casser ce rose et ce rouge très présents et briser le récit tout doucereux qui s’installait là. L’association du rouge et du bleu est fatale en terme de contraste dynamique.
La Grèce est souvent associée à deux couleurs récurrentes : le blanc immaculé des façades peintes à la chaux ainsi que le bleu céruléen de la mer Méditerranée. Plus rarement on lui associe un rouge profond, un rouge sang, digne d’un Valentino. Peut-être que ce penchant de plus en plus grand pour le rouge me vient de mes racines catalanes, de ce goût immodéré du spectacle, du besoin d’être LÀ. Je shine donc je suis.

La Grèce revient aussi à travers le choix des spartiates, revisitées façon punk avec ces clous dorés.

Au niveau des bijoux, j’avais envie d’un effet un peu mariage indien avec les bangles dorés (Churi), les pierreries, les bagues imposantes qui structurent les mains, les poignets, reflètent la lumière et rééquilibrent la silhouette.
A travers ma tenue, j’ai voulu jouer avec ces deux notions : minimalisme et sensualisme. Pour moi la tenue typique de la working girl se situe à mi-chemin entre ces deux mondes. Elle évoque le pouvoir mais aussi la féminité, la sensualité. Le similicuir flatte les courbes, colle à la peau, reflète le soleil puissant, et la chemise tel un voilage fin permet un contraste dynamique avec le tissu lourd de la jupe crayon. Les escarpins rose gold « tout terrain » font partie d’un mythe érotique assez présent dans le domaine du travail. Le talon, symbole de pouvoir, de puissance phallique porté par la femme active, fait monstration de la capacité féminine à dominer le monde masculin, à s’engager dans une danse périlleuse avec l’attribut mâle, mais toujours à le maîtriser. Il la met en valeur, il flatte sa silhouette, mais c’est elle qui garde le pouvoir sur la situation.
Je me sens tellement feu, tellement versatile, changeante, fantaisiste, inconsistante, inconstante, chaleureuse, amicale, impulsive, tempétueuse, démonstrative, spontanée, sanguine, volcanique, aléatoire, vagabonde, distraite, primesautière, superficielle, corrosive, bouillonnante, enthousiaste… J’ai toujours le désir de partir, que ce soit physiquement ou mentalement, j’emporte avec moi, mais souvent je suis solitaire dans mon rapport à la rêverie, à la fuite. Mon rythme cardiaque est extrêmement élevé, ma tension aussi, mon sang est chaud, je sens mes entrailles bouillir, je me sens prête à bondir pour une nouvelle aventure. La soif de superflu me taraude, je vis dans le désir de tout avoir, tout être, tout le temps. Cela passe par des choses matérielles, des choses spirituelles… Ce n’est que dans la vitesse, dans la précipitation, dans la fugacité que je me sens le plus vivante.
Deux choses me transportent intensément dans la vie : le parfum envoûtant d’un mystérieux inconnu et la contemplation d’un ciel en feu.

Pour moi ces deux expériences sont assez proches sensoriellement, elles revêtent toutes deux cette qualité exceptionnelle, quasi-miraculeuse. Cet instant est si précieux, si fugace, notamment car le souvenir ne sait jamais parfaitement le raviver, et de fait il l’embellit comme pour revivre l’instant de grâce.

Les sens déglingués, les sens hypertrophiés : un accès direct à l’imaginaire

Mes sens sont comme hypertrophiés, je n’ai pas vraiment une vision, une ouïe ou un goût particulièrement affutés, j’ai plutôt tendance à laisser ce genre de choses évoluer naturellement sans trop essayer d’intervenir, mais plutôt d’observer les évolutions diverses et de créer à partir de ces « défauts ». A l’instar de Nan Goldin qui ne soignait pas ses yeux et ne photographie que des paysages aux couleurs ultra saturées, je suis fascinée par tout ce qui a une empreinte forte sur les sens. Une senteur florale ou citronnée légère ne me séduit pas, un bon plat, une viande tendre… je ne sais pas, je n’arrive pas à m’emporter pour ce genre de choses ! Par contre, des épices très fortes, un mélange de fragrances et de saveurs qui agitent les sens jusqu’à sentir son corps tressaillir, c’est exactement le feeling que je recherche au quotidien ! Mes yeux s’étonnent de ne reconnaître personne au loin, de ne pas pouvoir déchiffrer les hiéroglyphes qui se forment au tableau depuis le fond de la classe, et s’enthousiasment à l’idée de combler les lacunes du réel par un imaginaire débordant : une belle rose épanouie au beau milieu de l’asphalte n’est autre qu’un bout de pq roulé en boule, un abat-jour contemporain chez le voisin se transforme en escargot géant collé au plafond… Au delà des compensations de l’imagination, les couleurs restent effectivement ancrées, et j’ai une sincère passion pour les nuances de couleurs, leur noms (cuisse de nymphe !
Une fois par semaine,
je confectionne de même un masque maison bio pour les peaux mixtes, grasses, légèrement marquées par le temps. Ce masque est révolutionnaire. C’est une combinaison de plusieurs tests que j’ai faits, d’associations que je trouve intéressantes pour leurs vertus et leurs parfums.

Je ne m’approvisionne quasiment que chez Aroma-zone pour ce faire (produits majoritairement bio, éthiques, abordables, et d’une très grande qualité) et le prépare ainsi :

1/ Mélange d’argiles verte et rose (pour les peaux mixtes et les peaux sensibles)
2/ Rajout de poudre de spiruline (pour son pouvoir hautement régénérant)
3/ Petites cuillerées d’eau pour former une pâte.
4/ Incorporer quelques gouttes d’huiles essentielles de géranium si votre peau est sujette aux imperfections, de ciste et bois de rose (luttent contre les ridules et lissent la peau)
5/ Rajouter l’extrait de bourgeons de hêtre (pour redynamiser la peau, améliorer son éclat)
6/ Laisser poser 20 minutes. La peau va tirer, va rougir, va subir une vraie restructuration en profondeur.

Lorsque le masque est sec, on nettoie à l’eau claire. J’aime passer un glaçon sur ma peau pour bien resserrer les pores dans ces moments là.
Vous serez rouge écarlate à ce stade, no worries.

Attendre encore 20 minutes que l’épiderme soit apaisé puis appliquer une crème très hydratante ou un macérat huileux adapté à sa peau. J’ai tout misé sur la restructuration de l’épiderme, la lutte contre les rides avec l’huile végétale d’argan, de figue de barbarie et de cranberry dans lesquelles je rajoute quelques gouttes de coenzyme Q10 afin de conserver élasticité et tonicité, mais aussi de respecter les peaux sensibles. Surtout après cette épreuve du feu que vous venez de lui faire subir : argiles, spiruline et huiles essentielles : attendez-vous au tiraillement de votre life!
Routine de soin qualité pour peaux mixtes & premières rides destinée aux petits budgets !


Le matin :

1/ Les hydrolats bio
Un coup d’hydrolat de bleuet Christian Lenart (pour atténuer le gonflement matinal des yeux), et de l’hydrolat de lavande Aroma-zone ou de rose sur le visage pour débarrasser des dernières impuretés de la veille, et pour neutraliser les effets du calcaire présent dans l’eau (vertu de la lavande).

2/ Le sérum
J’ai choisi un sérum anti-pollution et anti-âge de Yves Rocher afin de prévenir les premières rides. Pendant longtemps je n’utilisais pas de sérum (je ne savais pas vraiment de quoi il s’agissait, et je trouvais ça cher) mais le sérum possède un incroyable pouvoir lissant, très actif la nuit, qui vous permettra au matin de retrouver une peau belle et régénérée. Celui-ci fonctionne comme une barrière protégeant votre derme de la pollution, il peut sécher légèrement votre peau, mais la pose subséquente de la crème de jour corrige cette première sensation.
De plus, la composition est absolument correcte avec 94% d’ingrédients d’origine naturelle, même si ce n’est pas bio, on peut saluer les efforts de la marque pour se hisser jusqu’à un niveau d’excellence, et un rapport qualité/prix concurrentiel.

3/ Les crèmes hydratantes
Le front étant sujet aux ridules, je poursuis avec une crème à l’acide hyaluronique (très efficace) que l’on pose toujours APRES le sérum, et pour le reste du visage qui est plus soumis aux frottements et rougeurs, j’utilise une crème hydratante So bio’etic plus douce et enrichie au lait d’ânesse (antioxydante elle-aussi, Cléopâtre avait raison!). Je tiens à faire un petit point sur cette marque qui est absolument géniale : une composition remarquable, propre, un prix absolument abordable. De plus le parfum de ce soin est à la hauteur du reste : doux, suave, réconfortant.
Enfin, j’opte pour un baume pour les lèvres, de loin le meilleur, le plus hydratant : Nuxe, qui libère ses notes melliflues et hespéridées dés l’application. Ce baume prépare idéalement à la pose du rouge à lèvres.

Le midi :

Ayant une peau mixte, je ne sors jamais sans mes papiers matifiants.

Le soir :

1/ Démaquillage au lait ou à l’huile
Fan de la marque espagnole Unani, de son lait qui purifie et se nettoie à l’eau, tout en exhalant un parfum élégant et doux. La composition est correcte même si ce n’est pas bio.

2/ Gel nettoyant moussant

3/ Sérum

4/ Crème hydratante de nuit au frankincense
Cette crème V-Cense de Ren sans parabènes est vraiment agréable à poser, et sa formule demeure très douce pour la peau. De plus, le léger parfum à l’encens est un must pour moi, qui suis totalement accro à cette fragrance ecclésiale. Seul hic : son prix est plus élevé que toute la sélection que je viens de proposer, mais pour moi, elle en vaut le détour, notamment pour sa composition.